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Engendrer quel enfant ?

« Pourquoi nos enfants ne nous ressemblent-ils pas, ou en partie seulement ? Pourquoi tous nos enfants ne sont-ils pas semblables, au moins entre eux ? Que transmet le père à l’enfant à naître ? Que transmet la mère ? Quelles midot, quelles mesures de l’homme, quelles qualités ? L’homme ne transmet pas ce qu’il est, mais le « fruit de son travail » durant sa vie. Autrement dit, il ne transmet pas son « capital de départ » dans l’existence, mais ce qu’il y a acquis au fil des années et des épreuves qu’il a rencontrées. Par exemple, Abraham était ‘Hessed, mais ayant combattu toute sa vie dans la Gvoura (au cours d’épreuves contraires à sa nature première), Abraham transmet à son fils son côté Gvoura. Isaac naît donc Gvoura. La parasha Toldot dite des « engendrements » nous enseigne que « le côté gauche engendre le droit » et que « le côté droit engendre le gauche ».


UNE ANNEE AVEC LA CABALE (extrait)

Secrets de la Torah et des Fêtes Juives

Livre 1/6 Genèse Berechit


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LIRE LA SUITE – Toldot (extrait)


« Autrement dit, les forces acquises durant notre vie – épreuves envoyées par D.ieu pour rééquilibrer notre nature première – sont transmises à l’enfant à naître. Celui-ci en bénéficiera, davantage que des forces innées de son père. Ainsi, l’enfant vient dévoiler les forces cachées de ses parents. Toldot peut donc se résumer comme « la force paradoxale, la force qui donne naissance à son contraire ». A travers les épreuves que la vie lui envoie, l’homme entier doit apprendre à nuancer et à mettre des limites ; le rigoureux, dans sa réserve et sa prudence, doit s’exercer à l’expression ; le doux, l’amoureux de l’harmonie et qui fuit les conflits quant à lui, est bousculé dans sa réalité et ainsi de suite.


Nos patriarches étaient doués d’un intellect divin, hors de la réalité de ce monde. Leurs sentiments, leur expression au monde est dans le ‘Hessed pour Abraham, dans la Gvoura pour Yitz’hak et dans Tiferet (la splendeur, l’équilibre) pour Yaacov.


Il y a une notion fondamentale à connaître pour comprendre les lignes de tension de l’histoire biblique, et en particulier l’histoire des vies de nos patriarches : le monde est structuré en deux lignes d’influence divine opposées, aussi nécessaires l’une que l’autre, ‘Hassadim versus Gvourot. On comprend qu’Abraham relève de la ligne des ‘Hassadim, le côté droit et Yitz’hak de celle des Gvourot, le côté gauche. Les premiers de chaque lignée ont été Abel (‘Hassadim) et Caïn (Gvourot). On retrouvera dans toute l’histoire juive ces deux courants qui avancent en s’opposant, comme l’école de Hillel (‘Hassadim) s’opposera un jour à l’école de Shammaï (Gvourot).


Ainsi, Abraham, tout ‘Hessed, don de soi absolu, générosité totale, expression et dévoilement, donne naissance à un fils, Isaac, entièrement Gvoura, son exact opposé : retenue, mesure en toute chose. Yitz’hak ressemble à sa mère, Sarah, qui est elle-même du côté gauche, dans le calcul et la limite, dans la Gvoura.


Ainsi, les enfants se succèdent et ne se ressemblent pas. Le premier-né est toujours « brut » des forces cachées de ses parents. Le suivant est plus complexe ; sa nature s’affine. Avec le troisième revient le Tohou. Et le cycle reprend...


La Cabale explique que Abraham, Isaac et Yaacov ont la possibilité de « faire descendre le makif dans le pnimi », d’opérer la jonction entre le lointain et le proche, l’extérieur et l’intérieur, l’inconscient et le conscient. Le pré-adolescent, à l’âge de la bat/bar-mitsva, reçoit dans son pnimi, dans son intériorité, ce qui n’était jusque-là que makifi, extérieur à lui, autour de lui, au-dessus de lui.


Que reçoit-il ? Son intellect, la structure de perception intellectuelle du monde, grâce à l’âme divine qui le pénètre. C’est pour cette même propriété que chacun de nos patriarches a vécu une profonde transformation de son être, durant sa vie. Abram est devenu Abraham ; Isaac est « une offrande entièrement consumée », qui ne peut sortir d’Eretz Canaan et Yaacov est devenu Israël. Ils sont tous trois dans le Tikoun, le niveau de la réparation du monde et des sentiments divins.


Adam ha Richone avait évolué dans le monde d’Atsilout, pour ainsi dire « replié » dans la ‘Ho’hma. Il avait intégré en lui toutes les lumières du makif, par son geste qui lui a fait quitter le Gan Eden – comme une autre brisure des réceptacles.


A partir d’Abraham, la lumière divine du monde d’Atsilout se « déverse » de la ‘Ho’hma vers la Bina. Lorsque le monde a l’âge d’Isaac, cette lumière continue de « descendre », de la Bina vers le Daat. Lorsque Yaacov devient Israël, cette sagesse divine « remonte » du Daat vers le Keter ».


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Illustration : Victoria Tsipora Sim’ha

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