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L'argent, les bénédictions, posséder...

Je vis dans un monde où... le verbe avoir n'existe pas ! Mon mari se casse la tête en ce moment à l'oulpan d'hébreu, une chance qu'il n'a pu avoir que maintenant, tant il travaillait dur jusqu'à présent pour assurer la parnassa. Il découvre qu'en hébreu, le verbe avoir... n'existe tout simplement pas. Un moment unique dans l'aventure de l'alya !...

On s'est un peu chamaillés (dans ces cas-là c'est moi Chammaï et c'est lui Hillel ) jusqu'à ce qu'il réalise la chose. Quoi, pas de verbe avoir ??? Alors ce que je suis en train de conjuguer, c'est quoi ?... Eh bien c'est le verbe être. Car la langue sacrée qu'est l'hébreu - cette langue magnifique où chaque graphie et chaque son a une signification - considère que la notion de possession est à ce point inconsistante qu'elle n'a pas désigné de terme pour l'évoquer.


Ainsi, au lieu de dire "j'ai" (ce qui en ce monde ne dure jamais très longtemps) la formule hébraïque devient : "il y a - il est pour moi". Yèch li... Dans son essence, l'essence de l'existence, la chose m'est destinée, là, maintenant, ici, pour moi et rien que pour moi.


C'est-à-dire que "j'ai un magnifique palmier dans mon jardin" ou "j'ai un problème grave, docteur" devient "il y a un palmier pour moi, dans le jardin, un palmier qui, de tout temps, m'était destiné" ou encore "il y a un problème de santé épineux qui me revient à moi en propre, exclusivement". Ce palmier, ce problème, et pas un autre ! Celui-là de problème a été conçu spécialement pour moi, maintenant.


De la même manière : "Nous avons un fils" = ce fils-là, celui-ci et pas un autre, nous a été attribué. "Il a 32 ans" se traduit "il est un fils de 32", puisque même nos années nous ont été données : je peux accumuler, sans toutefois posséder !


Ainsi, les choses me sont adressées, à moi et pas à mon voisin, à moi et pas à mon frère. Ce qu'il a, mon frère (de bonnes dents, un travail sympa et rémunérateur, des problèmes avec les femmes, une Ferrari verte, un appartement bien situé, un ongle incarné, une excellente mémoire, ou que sais-je...), c'est "pour lui", à ce stade de son existence. En "bien" comme en "mal", c'est pour lui... et cela arrive quand il le faut. C'est donc "toujours bien" puisque cela DOIT lui arriver.


La Hassidout explique que la Providence pourvoie à tout ce que nous devons "avoir" pour progresser dans cette vie : les bienfaits (une Ferrari verte), comme les calamités (des problèmes avec les femmes). A nous de gérer la chose pour dépasser nos problèmes et être également plein de gratitude envers le Ciel pour ce que nous recevons de bienfaits... et de problèmes puisque ceux-ci nous aident à nous faire grandir lorsqu'on les surmonte.


Si l'on comprend bien, la jalousie n'a aucun sens (je ne vais pas désirer la Ferrari verte de mon frère), car sinon je devrais AUSSI être jalouse de ses problèmes... dont ceux avec les femmes ! A chacun ses bienfaits et ses problèmes...


Yèch li... il y a pour moi tout ce dont j'ai besoin dans cette vie-ci, sous-entendu, pas pour ma quiétude, mon bonheur ou mon confort, mais par rapport à ce que dois traverser dans cette existence.

Mon bonheur dépendra de mes choix et surtout de ma façon de considérer la vie ! Que les bienfaits que je reçois me reviennent, tout autant que l'adversité qui émaille mon existence d'écueils, puisque les premiers me permettront de développer le sentiment de gratitude envers le Créateur, et les seconds, d'exercer mon libre-arbitre et de progresser dans mes réincarnations, si je fais les bons choix.


PS. Cela va mieux en disant qu'avant chacune de nos naissances, nous choisissons les difficultés que nous rencontrerons, afin de nous donner une chance de surmonter ces épreuves et d'élever ainsi notre âme dans les mondes divins...


Toutes les publications d’Ariela Chetboun ici

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